Biographie
Album photo
Helleu vu par
Petit musée
Expositions
Bibliographie
› Portrait d'Helleu par Gerschel
 
› Helleu dans son atelier
 
› Helleu regardant plier une voile
Le nom de Paul Helleu évoque une époque, et tout particulièrement
une société mondaine de la fin du XIXème Siècle jusqu’aux dernières années précédant la 1ère guerre mondiale en Europe, que Marcel Proust a si admirablement décrite dans ses ouvrages. La délicatesse, le goût et son talent très personnel de dessinateur ont largement contribué à l’extraordinaire succès de cet artiste. Sa célébrité repose sur la représentation virtuose de jolies femmes du grand milieu parisien, mais aussi de la société internationale dominée par l’élégance anglo-saxonne. Aujourd’hui, l’histoire de la peinture le résume à des représentations qui limitent trop son talent à la mode d’un temps, sans tenir compte de toute une partie de sa production artistique vouée à la peinture de la nature, des paysages de mer en particulier où le raffinement s’accorde aux accents sensibles d’un véritable artiste.
Helleu est né à Vannes en 1859. Après le décès de son père, Inspecteur des Douanes, il est envoyé à Paris au Lycée Chaptal. En 1876, il est admis à l’École des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Gérôme, mais c’est par les peintres de plein-air qu’il est surtout attiré. Il se lie d’amitié avec Whistler et Sargent puis avec Monet qu’il rencontre chez Durand-Ruel lors de la seconde exposition des Impressionnistes. Pour survivre, Helleu travaille pour le céramiste Deck pour qui il exécute des décors de plats. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de Giovanni Boldini avec lequel, il partagera une très longue amitié.

Avec Jacques-Émile Blanche, il partage un goût passionné pour l’Angleterre depuis un voyage à Londres en 1885. Cette même année, il fait un essai de gravure avec une pointe de diamant offerte par James Tissot.

En 1884, Madame Guérin lui commande un portrait de sa fille Alice, alors âgée de 14 ans. Il en tombe éperdument amoureux et l’épouse deux ans plus tard. Le pastel réalisé à cette occasion ainsi que La Gare Saint Lazare seront présentés au Salon de 1885.

En 1886, alors qu’il a déjà été remarqué dans plusieurs expositions, il refuse avec son ami Monet de participer au 8ème Salon malgré les sollicitations de Degas. L’année suivante, Robert de Montesquiou lui achète un lot de 6 gravures. De cette rencontre naîtra une amitié profonde avec le collectionneur qui le mettra en relation avec sa cousine la Comtesse Greffuhle. Dès cet instant, l’artiste pénètre dans la société parisienne et devient le portraitiste à la mode.
En 1893, il entame une série de vitraux de cathédrales et dès l’année suivante, il change de thème et s’attarde sur le Parc de Versailles. En 1897, il exposera au Salon du Champ de Mars ses peintures de Versailles et des marines.

Helleu est un novateur qui s’attire l’admiration et la curiosité de ses contemporains. À l’inverse du goût prononcé de l’époque pour les intérieurs sombres, en 1889, il fait peindre en blanc les murs de son appartement du 68, Bd Pereire, puis du 45, rue Émile Ménier.

Helleu est bientôt sollicité partout : il expose à Londres en 1895 où le catalogue de l’exposition est préfacé par Edmond de Goncourt, ce qui consacre sa notoriété. Il rencontre alors Marcel Proust qui lui est présenté par Montesquiou et débute avec lui une relation profonde qui inspirera à l’auteur le personnage du peintre Elstir dans A la Recherche du Temps Perdu. Helleu gravera le portrait de Marcel Proust sur son lit de mort. Comme Elstir, Helleu est passionné par la mer. Au plaisir du yachtman, qui passe le plus clair de son temps sur de superbes bateaux, (il en possèdera quatre), le peintre découvre de nouvelles sources d’inspiration aussi bien dans les toilettes des femmes que dans ses visions de l’eau et du ciel, tantôt voilé, tantôt bleuâtre.

Le "style Helleu", qui caractérise l’élégance ou le raffinement et la grâce féminine obtient un immense succès tant à Paris qu’à Londres ou à New-York, où il se rend partir de 1902. Il remporte un très vif succès aux Etats-Unis avec ses portraits de femmes élégantes et en 1912, on lui passe une commande pour décorer le plafond du Hall de la Gare Grand Central de New-York, avec le thème des signes du zodiaque : une voûte étoilée, traversée d’un zodiaque aux signes d’or et une voie lactée argentée.

Il meurt en 1927, des suites d’une opération, alors qu’il projetait avec Forain une grande exposition de ses peintures.
› Téléchargez la biographie chronologique en version PDF
Haut de page